Implication parentale dans la scolarité des enfants au Maroc : place et rôle pour les Associations des Parents et des Tuteurs d’élèves ?

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Implication parentale dans la scolarité des enfants au Maroc : place et rôle pour les Associations des Parents et des Tuteurs d’élèves ?

 

 

 

 

 

 

 

Zineb MOUMEN

Encadrant : Pr. Abdesselam EL OUAZZANI

 

Université Mohammed V de Rabat

Faculté des Sciences de l’Education

zineb.moumen@gmail.com

 

 

 

Introduction

Le rôle de la famille dans l’acheminement scolaire de l’enfant fait l’objet de plusieurs études qui ont démontré l’impact positif de l’implication des parents dans la scolarité de leurs progénitures. Un enfant dont les parents s’engagent et se soucient de son évolution dans son environnement scolaire a plus de chance d’être épanoui et de réussir sa scolarité. Des parents impliqués ne sont pas uniquement ceux qui soutiennent leurs enfants à la maison pour effectuer leurs devoirs, faire des recherches ou élaborer un projet de classe, mais ce sont ceux qui participent également à la vie scolaire au sein de l’école. Les formes de participation varient selon l’ouverture ou non de l’établissement scolaire sur son environnement en général et sur la famille de l’élève en particulier. C’est dans ce sens qu’un partenariat parents-école doit être mis en place pour que l’implication des parents soit réalisée harmonieusement dans le cadre d’un respect mutuel entre les parties prenantes de ce partenariat.

Les acteurs concernés par ce partenariat sont les parents, en premier lieu, l’administration, les enseignants et les associations des parents d’élèves qui jouent un rôle très important, puisqu’elles représentent la voix des parents dans l’espace scolaire. L’objet de notre recherche est d’identifier le rôle que jouent ces associations pour réussir le partenariat parents-école. Au Maroc, nombreux sont les textes de loi et les circulaires qui soulignent l’importance de ces associations et qui mettent en valeur le travail qu’elles effectuent, et ce en les considérant comme des acteurs incontournables dans le système éducatif marocain.

Dans le présent article, et dans une première partie, nous essayerons de définir les trois concepts clés de notre recherche, à savoir la participation, l’implication et le partenariat. Par la suite, nous dresserons l’historique des associations des parents et tuteurs d’élèves au Maroc, le rôle qu’elles jouent au sein de l’école et les liens qu’elles entretiennent avec les parents d’élèves d’une part et l’administration et les enseignants d’une autre part. Dans la deuxième partie, nous définirons le cadre juridique des associations des parents d’élèves, et la troisième et dernière partie sera consacrée aux enjeux et défis que connaissent ces associations pour réussir leurs missions.

 

 

  1. Définitions des concepts et historique des associations des parents d’élèves au Maroc
  2. Définition des concepts

Avant d’analyser le rôle des associations des parents d’élèves dans la réussite de l’implication parentale, il nous paraît judicieux de définir d’abord les concepts de participation, d’implication et de partenariat.

Participer c’est prendre part aux activités d’un groupe (prendre la parole, partager son point de vue, ses idées et ses talents). Pour ST-ARNAUD [1]ce terme désigne les interactions des membres avec une cible commune ou les interactions des membres entre eux. En ce qui concerne notre sujet de recherche, des parents qui participent sont ceux qui contribuent à la gestion de la vie scolaire au sein de l’établissement dans le cadre d’une sphère qui leur est consacrée, à savoir les associations des parents d’élèves.

 

Par ailleurs, et en ce qui concerne le concept de l’implication, le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL, 2009, p. 1) définit l’implication comme une participation active de l’individu, par une option conforme à ses convictions profondes, à la vie sociale, politique, religieuse ou intellectuelle de son temps, à des autres qui sont plus étendus.

Dans un contexte éducatif, l’implication parentale se définit comme l’investissement des parents en termes d’encadrement du travail scolaire à la maison ainsi comme la présence active à l’école dans le processus éducatif des enfants.

 

SUI-CHU et WILLIAMS[2], ont défini l’implication parentale à partir de quatre dimensions : la fréquence des moments de discussion à la maison entre parents et enfant, le degré de communication entre la famille et l’école, le degré de supervision à la maison et le degré de participation des parents à la vie de l’école. Enfin, impliquer veut dire « envelopper dans », «engager dans » ; car, l’implication se nourrit des projets, des idéaux, des croyances qui émanent du plan de vie personnel, celui qui s’implique, se donne tout entier et gère son travail comme s’il s’agissait de sa propre affaire. Nous nous impliquons d’autant plus que nous nous sommes construits une représentation de notre propre développement, de celui des autres et de celui de l’entourage. Selon CLAUDE[3], s’impliquer veut dire avoir la volonté de s’investir librement dans quelque chose qui nous intéresse ou qui provoque chez nous un désir, un objectif à atteindre.

 

En ce qui concerne le concept de partenariat, il repose sur les relations de travail ou ce qui le concerne. Le Conseil supérieur de l’éducation au Québec définit le partenariat comme suit : «le partenariat n’est pas seulement un partage de l’analyse des problèmes et des solutions. Le partenariat suppose un engagement formel de chaque participant, qui investit une part de ce qui lui appartient, dans le but de réaliser quelque chose en commun »[4] .

 

Dans un sens plus large, les concepts de participation, d’implication et de partenariat explicités plus haut, sont d’une importance capitale dans la mesure où ils nous éclairent davantage sur les interactions nécessaires entre tous les acteurs y compris les associations des parents d’élèves qui représentent un véritable levier en termes d’intermédiation entre l’école et les parents.

 

  1. Historique des associations des parents et des tuteurs d’élèves (APTE) au Maroc

 

Il est incontestablement reconnu que l’éducation est une responsabilité collective. Au Maroc, les associations de parents et des tuteurs d’élèves sont devenues de nouveaux acteurs incontournables dans le partenariat parents-écoles. Ces associations constituent aussi des espaces de démocratie, d’autonomie, d’initiative et une force de proposition positive. Par conséquent, elles sont supposées être associées à la prise de décision, à la gestion administrative, financière et pédagogique et, par leurs fédérations, à la conception des politiques éducatives.

La participation de la société civile consoliderait à la fois l’appropriation nécessaire à toute perspective de pérennisation, la transparence et la prise en compte des intérêts des plus démunis. Les APTE, comme les autres composantes de mouvements associatifs, s’engagent dans le combat pour atteindre les objectifs mondiaux du développement et la réussite éducative.

 

Dès l’indépendance du Royaume, le travail associatif a commencé à émerger, notamment pour des actions de solidarité et d’entraide. Mais, il fallait attendre la fin de l’année 1958, pour voir se manifester les premiers signes d’institutionnalisation des associations à caractère apolitique, créées à des fins non lucratives, dont les buts essentiels étaient d’une part de jeter les premiers jalons de la démocratisation de la vie sociale et, d’autre part, de permettre à la société civile de contribuer au développement national.

C’est en 1960 que les premières associations des parents d’élèves ont vu le jour au Maroc avec la publication de la circulaire N°4325 datée du 6 avril 1960. Le texte encourage les établissements à créer des associations avec l’obligation d’associer les parents dans les efforts consentis par l’école dans la formation et l’éducation des élèves. Les premières associations ont été gérées par les directeurs d’écoles et les inspecteurs et leur répartition géographique était comme suit :

  • Les lycées : une ou deux associations par ville (selon le nombre de lycées) ;
  • Pour le primaire : dans les villes, une association dans chaque arrondissement ou quartier et dans les zones rurales une association par délégation provinciale.

 

La composition du bureau des associations des parents d’élèves ainsi que les missions qui leurs sont attribuées ont connu un développement remarquable durant les dernières décennies. Les circulaires qui ont été publiées après celle de 1960 ont consacré plus de place aux parents et ont valorisé le partenariat entre la famille et l’école.

 

A l’instar des autres mouvements associatifs, les associations des parents d’élèves ont formé des réseaux sous formes de fédérations afin de conjuguer les efforts pour une éducation de qualité. Parmi ces fédérations, la plus importante est la Fédération  Nationale des Associations des Parents d’Elèves au Maroc (FNAPEM) qui a vu le jour en juillet 2006 et qui couvre l’ensemble des régions du Royaume. Sa création avait pour objectif de fédérer l’action associative des parents d’élèves au Maroc. Elle a pour mission la protection et la promotion des droits des enfants scolarisés ou en âge de l’être, notamment leur droit à une éducation démocratique et de qualité. Parmi ses principaux objectifs, nous citons :

  • La contribution à la promotion d’une éducation démocratique et de qualité,
  • L’encouragement de la qualification et le renforcement des compétences des APTE,
  • L’appui des programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle,
  • La lutte contre les déperditions scolaires,
  • L’appui des élèves en situation précaires et/ou difficiles.

 

Actuellement, et selon les statistiques du Conseil Supérieur de l’Education de la Formation et de la Recherche Scientifique de 2014, les APTE se sont développées et sont présentes dans les établissements scolaires comme suit :

 

 

 

  1. Cadre juridique des associations des parents et des tuteurs d’élèves au Maroc (APTE)

Les parents d’élèves ont un grand rôle à jouer dans l’éducation et la formation de leurs enfants parce qu’ils sont les premiers éducateurs. Exigeant la qualité de l’éducation, les parents ont le devoir d’affirmer leur présence dans les établissements scolaires à travers une adhésion volontaire dans des structures d’accompagnement, qui sont les associations de parents d’élèves.

Les APTE au Maroc sont régies en premier lieu par le Dahir n° 1-58-376 du 15 novembre 1958 réglementant le droit d’association, et par la charte nationale d’éducation et de formation 2000-2013. Conscient du rôle crucial que jouent ces associations dans la gestion de la vie scolaire au sein des établissements, le Programme d’urgence 2009-2012 a mis en place la «Charte des relations entre les parents d’élèves et les établissements ». Le ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la formation des cadres, a publié une série de circulaires qui concernent la définition des rôles des associations des parents et tuteurs d’élèves et de leurs mises en œuvre.

Le  Dahir n° 1-58-376 du 15 novembre 1958 réglementant le droit d’association définie celle-ci comme une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun de façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. Il précise, entre autres, les conditions relatives à la déclaration régulière d’une association auprès des autorités compétentes, ainsi que celles relatives à la reconnaissance de l’utilité publique. A l’instar des autres associations, les APTE sont donc réglementées par ledit Dahir et sont soumises à sa législation.

La charte nationale d’éducation et de formation 2000-2013, quant à elle, a été élaborée dans un cadre consensuel impliquant tous les acteurs concernés par l’éducation et de la formation. Adoptée en 1999, la charte a pour finalité de surmonter les défis que connaissait le système éducatif marocain à la fin des années 90 et de mettre en place une feuille de route pour la décennie 2000 pour donner un nouveau souffle à l’école marocaine. La charte a mis en place les principes fondamentaux « qui comprennent les fondements constants du Système de l’Education et de la Formation, ses grandes finalités, les droits et devoirs des différents partenaires et la mobilisation nationale nécessaire pour la réussite de la réforme »[5], ainsi que quatre espaces comportant 19 leviers pour réformer le Système d’Education et de Formation.

En ce qui concerne les APTE, la charte a clairement assigné que « […] les associations des parents d’élèves, en particulier, ont le devoir d’assurer, en leur sein, la transparence, la démocratie et le sérieux dans l’organisation, l’élection et la gestion ; elles doivent élargir la base de leur représentativité, dans le but de devenir des interlocuteurs et des partenaires crédibles et utiles, dans la gestion, l’entretien et l’évaluation des établissements éducatifs. »[6]

Par ailleurs, les textes législatifs et réglementaires découlant de la charte ont également reconnu l’importance des APTE à travers les mesures suivantes :

  • La représentation des APTE dans les conseils d’administration des académies régionales de l’éducation et de la formation. Cette action assigne aux associations le droit de participer dans la gestion des affaires éducatives et d’identifier les priorités régionales et de formuler des suggestions sur les programmes des académies en ce qui concerne plusieurs domaines tels que la formation des cadres, la gestion des établissements de l’éducation et de la formation, la mise en place des réseaux d’éducation et de formation etc.
  • La participation à la gestion directe des établissements d’éducation et d’enseignement publics, et ce à travers sa qualité de membre au sein des conseils de gestion, conseils de classes, ce qui leur permet de contribuer aux efforts visant à accroître la performance des établissements notamment en ce qui concerne l’étude du plan d’action annuel de l’établissement et le suivi de sa mise en œuvre ; ainsi que l’approbation du rapport général relatif à la gestion administrative et financière de l’établissement.

En 2009, le Programme d’urgence a mis en place la Charte des relations entre les parents d’élèves et les établissements. Celle-ci définit les droits et les devoirs des différentes parties prenantes et constitue un cadre de travail participatif. Ainsi, durant la période 2009-2012, 3 632 établissements ont pu signer cette Charte et 5 378 activités ont été réalisées dans le cadre du partenariat avec les APTE. La Charte recommande «les parents et les tuteurs ont envers les institutions scolaires le devoir d’aide et de participation à la gestion et à l’évaluation, comme le stipulent les dispositions de la présente Charte ».

Toujours dans l’esprit de l’affirmation du rôle des APTE, le Ministère de l’Education Nationale a publié une série de circulaires qui définissent le rôle des APTE, la composition des bureaux et l’élection des membres, la répartition géographique, et les liens qu’elles entreprennent avec les familles. Nous avons choisi de citer les plus importantes à savoir la circulaire N°4325 datée du 6 avril 1960 et la circulaire n°03 datée du 4 janvier 2004.

La circulaire N°4325 du 6 avril 1960 exige la généralisation des associations des parents dans les établissements scolaires. Elle oblige également les parents d’élèves à participer aux efforts consentis par l’école puisqu’ils sont considérés comme partie prenante de la communauté éducative.

Pour la circulaire de 2004, de nombreuses actions ont été suggérées afin de renforcer le rôle des APTE dans les établissements. La circulaire a prévu un élargissement des attributions et des missions de ces associations, nous citons notamment :

 

  • Mobiliser les parents d’élèves afin de soutenir la famille éducative dans la mise en œuvre des plans et programmes relatifs au développement humain ;

 

  • Encourager la participation de la femme dans les APTE et lui permettre l’accès à la présidence de ses bureaux, vu le rôle crucial que joue la femme dans le développement de la société ;
  • Sensibiliser les parents d’élèves sur les droits de l’enfant, notamment son droit à un enseignement et à une formation qualifiants et qui lui seront utiles dans sa vie active au sein de la société ;
  • Organiser des campagnes de sensibilisation visant à encourager et à soutenir la scolarisation des filles notamment dans les zones rurales ;
  • Soutenir les enfants en situation d’handicap en contribuant aux activités liées au soutien éducatif et en mettant en place les accessibilités dans les établissements pour ces enfants…

Malgré l’important arsenal juridique qui accorde aux APTE une place cruciale dans la gestion de la vie scolaire ainsi que dans la médiation entre le corps professoral et administratif et les parents et tuteurs d’élèves, ces associations connaissent énormément de défis à soulever, ce qui rend l’accomplissement de leurs missions une tâche assez difficile.

 

  • Enjeux et défis des associations des parents et tuteurs d’élèves au Maroc

Au Maroc, il existe des APTE pratiquement dans tous les établissements publics, tout niveau confondu à savoir le primaire, le collège et le lycée. Leur objectif principal est de mettre en place un dialogue constructif et efficace entre les parents et l’école. Elles constituent, entre autres, la réponse à la nécessité d’un fonctionnement, d’une organisation et d’une gestion bien structurés pour les relations suivies entre les parents et l’école.

Toutefois, et en dépit des efforts déployés par les responsables des APTE pour promouvoir le rôle des parents dans la vie scolaire et pour pallier le manque de communication existant entre ces derniers et l’administration, les APTE connaissent des défis qui les empêchent de mener à bien leur mission. Dans un entretien que nous avons effectué auprès du Vice-Président de la FNAPEM, nous avons pu relever de nombreux obstacles ayant trait à la législation en vigueur, à la gestion et à l’organisation au sein des établissements, ou encore à la perception des APTE de la part de l’administration, des enseignants et des parents d’élèves.

Le premier problème auquel sont confrontées la totalité des APTE dans l’ensemble du Royaume est le manque, voir l’absence d’appui financier de la part du ministère de tutelle. Les fédérations et les associations dépendent essentiellement des cotisations que les parents d’élèves versent au début de chaque année scolaire et qui varient entre 60 et 100 Dhs. Il est à souligner que ces cotisations ne sont pas obligatoires et qu’aucune loi n’exige des parents et des tuteurs d’élèves de payer les frais d’adhésion à ces associations afin de compléter le dossier d’inscription de l’élève.

Sur le plan du renforcement des capacités, les APTE ne bénéficient guerre des sessions de formations et des séminaires qui sont organisés par le ministère au profit des enseignants ou du corps administratif. Cette absence de ces rencontres prive les associations de l’appropriation des nouvelles mises à jour dans le domaine de l’éducation et de la formation.

La perception commune que l’administration, les enseignants et les parents ont à l’égard des APTE impactent négativement la performance de celles-ci. En effet, le rôle de ces associations au sein de l’établissement est généralement considéré d’ordre logistique. En d’autres termes, leur rôle se résume à la maintenance des locaux et des matériels et au financement des activités (achat des meubles de bureaux, travaux de constructions ou de restauration, sorties, animations,…).

L’absence de locaux permanents dans les établissements scolaires dédiés aux APTE pèse lourd sur leur gestion et la réalisation des tâches qui leurs sont confiées. Les APTE se plaignent de l’absence d’un bureau qui, d’une part pourrait servir d’espace d’accueil pour les parents d’élèves et d’autre part pourrait abriter les archives de l’association. En effet, à chaque nomination d’un nouveau président ou au changement des membres du bureau, il est rare de retrouver des archives (rapports narratifs, rapports financiers, rapports d’activités) immortalisant le travail de l’équipe précédente. Un local exclusif aux APTE permettra de conserver ces archives et conservera la mémoire institutionnelle de l’association.

Par ailleurs, le plus grand défi auquel sont confrontées les APTE est le manque de communication avec les parents d’élèves qui est souvent interprété comme une ignorance ou une incompréhension de ceux-ci du rôle des APTE. Les parents ont souvent tendance à se rendre à l’administration pour régler des problèmes d’absence ou de changement de classe ou autre, et ne pensent jamais à s’adresser aux APTE pour résoudre leurs problèmes, ignorant ainsi le rôle de médiation que pourrait jouer l’association avec l’administration. Ce défi est essentiellement dû au manque d’information et de sensibilisation des parents d’élèves quant à la place qui leur est accordée au sein des APTE où ils ont le droit d’émettre des avis ou des suggestions visant, entre autres, à améliorer la qualité de l’enseignement de leurs enfants.

Tout compte fait, le ministère de tutelle devrait fournir son appui aux APTE que ça soit au niveau du budget ou du renforcement des capacités.  Un travail devrait également être fait au niveau de la perception du vrai rôle des APTE qui ne se résume pas uniquement à résoudre les problèmes logistiques de l’établissement ou à contribuer aux chantiers ou aux travaux de constructions, mais à s’impliquer davantage dans l’éducation et l’enseignement des élèves notamment en ce qui concerne le suivi des élèves en difficulté, la gestion de problèmes de délinquance et de sécurité ou encore les litiges impliquant élèves et enseignants. Les APTE devraient également s’investir à structurer leur contact avec les parents avec lesquels elles accusent un manque de communication flagrant qui impacte leur partenariat. Se faire connaître auprès de l’ensemble des parents d’élèves et les informer sur leur action pourrait remédier à ce problème et consolider leurs collaborations.

 

 

 

 

Conclusion

Les associations de parents d’élèves sont des acteurs incontournables dans le monde éducatif. A travers le monde, ces organisations jouent un rôle d’intermédiation et d’arbitrage entre les institutions éducatives et parents d’élèves. Au Maroc, le législateur a très tôt pris conscience de la dimension que ces APTE doivent jouer entant que représentants des parents d’élèves dans le monde éducatif.

De leur côté, les parents devraient s’investir davantage dans le partenariat Famille-Ecole. Par le biais des APTE, les parents peuvent, grâce à leur expérience et à leur intuition, aider les enseignants dans l’apprentissage de leurs enfants ; c’est là que se trouve tout l’intérêt de la politique de coéducation. Au vu de la diversité et de l’impact des actions menées dans les établissements par les APTE nous pouvons affirmer qu’elles constituent un appui sur lequel l’État marocain peut compter pour la réussite éducative.

Nous avons cependant démontré à travers notre analyse de l’ensemble des paramètres qui influent sur ces associations, qu’elles manquent terriblement de soutien de la part des pouvoirs publics, tant au niveau du financement que de la logistique et de l’appui en formation, mais qu’elles sont également méconnues de la part des parents d’élèves.

Il est nécessaire donc de remettre en cause incessamment les paradigmes sur lesquels est fondé ce triptyque Ecole-Association-Parents dans le cadre de la concertation afin de permettre à l’élève, car c’est de lui qu’il s’agit en premier lieu, de profiter pleinement de la dynamique que l’ensemble de ces acteurs pourront créer en mettant en commun leur intelligence collaborative.

Bibliographie

 

Circulaire N°3 en date du 4 janvier 2006 sur la mise en œuvre du rôle des associations des parents et tuteurs d’élèves, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique.

CLAUDE, J. F. L’éthique au service du management. France : Liaisons. 2e édition. 2002. P 253.

Conseil supérieur de l’éducation – CSÉ. Le partenariat : une façon de réaliser la mission de formation en éducation des adultes. Québec : Conseil supérieur de l’éducation, 1995.

Conseil Supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, la mise en œuvre de la charte nationale de l’éducation et de formation 2000-2013, acquis, déficits et défis, rapport analytique, décembre 2014.

Dahir n° 1-58-376 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit d’association, tel qu’il a été modifié et complété. Bulletin officiel n° 2404 bis du 27/11/1958 (27 novembre 1958).

MEZIANE BELFQIH A., La Charte Nationale d’Education-Formation, Revue internationale d’éducation de Sèvres, 2000 mis en ligne le 12 octobre 2003, consulté le 03 mars 2017. URL : http://ries.revues.org/2383.

ST-ARNAUD, Y. Les petits groupes. Participation et animation. Canada : Gaëtan Morin Éditeur. 3ème édition. 2008. p. 182

SUI-CHU, E. H. et WILLIAMS, J. D. Effects of parental involvement on eighth-grade achievement. Sociology of Education, 1996, p 126-141.

[1] ST-ARNAUD, Y. (2008) Les petits groups. Participation et animation. Canada : Gaëtan Morin Éditeur. 3ème édition. 182 p.

[2] SUI-CHU, E. H. et WILLIAMS, J. D. (1996) Effects of parental involvement on eighth-grade achievement. Sociology of Education, 69 (2), 126-141.

[3] CLAUDE, J. F. (2002) L’éthique au service du management. France : Liaisons. 2e édition. 253 p.

[4] Conseil supérieur de l’éducation – CSÉ. Le partenariat : une façon de réaliser la mission de formation en éducation des adultes. Québec : Conseil supérieur de l’éducation, 1995.

[5] Charte Nationale d’Education et de Formation, octobre 1999, p. 4.

[6] Levier 16 de la charte nationale d’éducation et de formation, octobre 1999, p7.