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La diplomatie économique marocaine en Afrique 

« La diplomatie économique marocaine en Afrique »

Mr. DABNICHI Youness

Doctorant, Laboratoire de recherche en économie et action publique LAREAP, FSJES SETTAT, Université HASSAN 1er

Mr. EL MESKINI Essaid

Professeur, membre du Laboratoire de recherche en économie et action publique LAREAP, FSJES SETTAT, Université HASSAN 1er

Résumé :« L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique » : telle est aussi la déclaration du Roi du Maroc Mohammed VI à Abidjan lors du Forum Maroco-Ivoirien de 2013.La diplomatie économique est de plus en plus associée à la stratégie globale de développement, notamment dans les pays en voie de développement, qui continuent à faire face à de multiples difficultés pour s’intégrer dans l’économie mondiale dans une conjoncture marquée par une concurrence acharnée. À l’instar de ces pays, le Maroc mise sur sa diplomatie économique pour réduire le déficit structurel de sa balance commerciale et accompagner les investisseurs marocains dans leur quête des marchés étrangers. L’objet de notre proposition  est d’analyser le défi de la diplomatie marocaine et essayer de comprendre la place de la diplomatie économique marocaine en Afrique. Il s’agit également de mettre l’accent sur les missions actuelles de la diplomatie économique tant au niveau bilatéral que régional ainsi que quelques outils susceptibles de permettre une redynamisation de la diplomatie économique marocaine dans un continent en transition.Abstract :“Africa must trust Africa”: this is also the declaration of the King of Morocco Mohammed VI in Abidjan at the 2013 Morocco-Ivorian Forum.Economic diplomacy is increasingly associated with the overall development strategy, particularly in developing countries, which continue to face multiple challenges in integrating into the global economy in a competitive environment Like these countries, Morocco relies on its economic diplomacy to reduce the structural deficit of its trade balance and support Moroccan investors in their quest for foreign markets. The purpose of our proposal is to analyze the challenge of Moroccan diplomacy and try to understand the place of Moroccan economic diplomacy in Africa. It is also a question of highlighting the current missions of the economic diplomacy both bilaterally and regionally as well as some tools likely to allow a revitalization of the Moroccan economic diplomacy in a continent in transition.Mots clés: Diplomatie, Economie,  Diplomatie économique, Afrique

 

  1. Introduction :

Ces dernières années, le Maroc a intensifié ses relations de coopération avec l’Afrique du sud Sahara, en signant plusieurs accords de coopération avec cette région qui géographiquement lui est proche. Mais force est de constater que les relations du Maroc avec l’Afrique subsaharienne et en particulier l’Afrique de l’ouest sont très dominées par les relations économiques et commerciales.

Le renforcement de la coopération économique et commerciale bilatérale est au coeur de la politique commerciale extérieure du Maroc. Dans ce sens, un cadre juridique, au niveau bilatéral est mis en oeuvre et constitue un outil essentiel pour la promotion des transactions commerciales avec l’extérieur, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne. Les multiples voyage du Roi du Maroc en sud du Sahara a permis la signature de plusieurs accords de coopération économique et commerciale.

Durant la dernière décennie, le Maroc a opté en particulier pour le renforcement de ses liens économiques avec l’Afrique subsaharienne à travers la négociation et la conclusion de plusieurs accords commerciaux de type classique ou à caractère préférentiel avec plusieurs pays africains. Une telle initiative visait tout autant à renforcer et à consolider les parts de marché acquises qu’à diversifier l’éventail des débouchés extérieurs.

Ainsi que le grand retour du Maroc à l’union Africaine donne un nouveau souffle pour la diplomatie économique marocaine dans ce continent qui est en mouvement et ne cesse pas de se développer, donc l’économie marocaine à travers ses différents acteurs doit bénéficier de cette nouvelle ouverture sur Afrique.

La notion de diplomatie économique suscite un intérêt particulier dans la mesure où elle se situe à l’intersection de préoccupations majeures des pays : politique de développement, intelligence économique, compétitivité de l’entreprise, délocalisation des firmes, géo-économie et internationalisation des champions nationaux. Aussi, c’est une notion difficile à cerner : d’une part, parce qu’elle a des acceptions différentes selon les acteurs et selon les pays et les gouvernements et, d’autre part, parce qu’elle se définit “non par ses instruments, mais par les problèmes économiques qui lui donnent son contenu[1]“. En effet, plusieurs définitions ont été proposées par plusieurs chercheurs.

Dans ce cadre, le sujet peut être traité selon deux approches. La première reste dans une logique de subordination de l’économique au politique[2]. Dans cette perspective, les marchés ont leur logique, mais ils ne participent pas à la définition du système international qui reste maîtrisé politiquement par les États. La seconde approche repose sur l’autonomisation du champ économique et la montée en puissance des acteurs privés.

Le terme diplomatie désigne la politique étrangère d’un Etat. Elle est considérée comme étant “l’ensemble des règles et protocoles internationaux qui organisent les relations entre les Etats et les organisations internationales, les procédures d’application des règles du droit international, la conciliation entre les différents intérêts des Etats, l’art de négocier et de prendre la parole lors des réunions et des congrès internationaux et la conclusion d’accords et de conventions[3]“.

Appliquée au domaine économique, une telle définition peut conduire à voir dans la diplomatie économique l’ensemble des moyens par lesquels le gouvernement parvient à promouvoir l’intérêt économique national. Pour Marie-Christine Kessler, la diplomatie économique se définit par “la mise en oeuvre, par une autorité publique, d’une politique à finalité commerciale et financière, destinée à assurer la prospérité économique du pays à travers les intérêts de ses entreprises, de ses groupes socioprofessionnels, de ses citoyens”[4].

À cette analyse centrée sur la mobilisation économique de l’État et de ses administrations se rattache la réflexion de Guy Carron de la Carrière qui définit la diplomatie économique en tant que “la recherche d’objectifs économiques par des moyens diplomatiques, qu’ils s’appuient ou non sur des instruments économiques pour y parvenir”[5].

Pourquoi pratique-t-on la diplomatie économique ? La réponse n’est pas évidente. En effet, il est important de préciser dans le cadre de l’analyse théorique de la diplomatie économique qu’il n’y a pas une théorie spécifique qui peut fournir des réponses sur la façon dont les États, dans des circonstances données, vont conduire leurs politiques[6].

S’il existe un riche corpus théorique en analyse de la politique étrangère avec toute une littérature qui vise à expliquer quels sont les facteurs qui influencent les choix des différentes stratégies, les études théoriques visant à expliquer la diplomatie économique ne sont pas assez abondantes. Comme discuté par Kostecki et Naray[7], le corps de la littérature sur le sujet est encore limité. La littérature “n’identifie pas, n’explique pas et ne comprend pas la plus grande influence d’intérêts privés en diplomatie[8]” et dessine à peine une image complète de tous ses aspects.

D’un point de vue théorique, la diplomatie économique va à l’encontre du libre-échange et de la libéralisation des échanges économiques. Contrairement à la doctrine libérale recommandée, le nationalisme économique est toujours une réalité au XXIe siècle[9]. Les Etats interviennent de plus en plus aux côtés de leurs entreprises nationales pour les aider à conquérir des marchés stratégiques[10].

Si les théories réalistes[11] considèrent la diplomatie économique comme étant un outil pour un État lui permettant de renforcer sa puissance face aux autres Etats. Le néoréalisme se distingue par la prise en compte des interdépendances, la nécessité de renforcer les logiques temporaires d’alliances afin de bâtir des systèmes de sécurité. Ainsi, les États chercheraient à maintenir un équilibre permanent des forces afin de juguler le développement de la puissance d’autres États considérés comme concurrents[12].

En plus, plusieurs des approches recensées sont employées tant dans le cadre de la recherche en science économique  qu’en science politique. Certaines des recensions théoriques auxquelles nous avons fait référence tentent d’ailleurs de faire  le pont entre les deux disciplines. En fait, la diplomatie économique est un domaine d’étude complexe qui se situe à  l’interstice de la politique nationale et de la politique internationale, de l’économie et de la politique, des intérêts de la  nation et des intérêts des groupes privés. Elle subit l’influence d’un nombre croissant de variables et qui requiert, pour être  appréhendée, une démarche multidisciplinaire comme le montre bien la littérature spécialisée dans ce domaine.

Dans ce sens, Robert Putnam a proposé une solution permettant de concilier deux niveaux à la fois : les Two-Level Games  (jeux à deux niveaux)[13]. Selon lui, le responsable de la prise de décision est placé entre deux échiquiers, l’un composé de tous  les constituants de la scène politique interne, l’autre de toutes les données de la négociation internationale. Chaque fois que  la situation évolue sur le second échiquier, il doit aller négocier sur le premier, puis revenir poursuivre la négociation avec  une donne légèrement modifiée sur le second, et ainsi de suite. Le postulat est qu’aucune négociation internationale ne peut  aboutir à un résultat tangible s’il n’y a pas dans le pays une coalition suffisante pour accepter la décision et permettre son  application[14].

Guy Carron de la Carrière développe une nouvelle approche et propose des pistes de développement de la théorie  classique pour prendre en considération la complexité des acteurs impliqués et les différents modèles poursuivis par les  Etats[15].

Dans ce sens, un inconvénient de la littérature est que les instruments de la diplomatie économique ont été étudiés d’une  manière isolée. Il est tout à fait possible que les instruments sont liés dans la pratique. Par exemple, les agences publiques de  promotion des exportations se servent souvent du réseau des ambassades et des consulats à l’étranger pour des  informations sur un marché particulier. Par conséquent, les deux types de corps peuvent tirer bénéfice des synergies considérables. C’est également une possibilité que les activités des instruments évincent parce qu’elles sont employées simultanément tandis que le but de cette intervention pourrait également être atteint avec seulement un seul instrument[16].

Il faut noter  que le diplomate est appelé aujourd’hui, plus que par le passé, à être une irremplaçable interface au service de la promotion économique et du “LABEL MAROC”.

La prise en charge par la diplomatie de cette nouvelle mission de communication, de veille informationnelle, d’accompagnement et d’appui aux entreprises, en vue d’un positionnement réussi de notre pays sur l’échiquier international et les marchés étrangers exige au préalable:

  1. Le Maroc face aux défis de la diplomatie économique :

La diplomatie économique est définie comme étant l’ensemble des mécanismes et pratiques adoptés par des individus ou groupes, étatique ou non étatique dans le but de réaliser les objectifs économiques d’un État par le recours à des moyens politiques, ou de réaliser les objectifs politiques par le recours à des moyens économiques. Une telle définition prend en considération l’évolution de l’environnement international et l’émergence de nouveaux acteurs dans la scène internationale.

Depuis quelques années, la diplomatie économique marocaine est confrontée à un défi : celui de devenir l’un des moteurs de la performance globale des entreprises et de la nation. Il est vrai que les accords de libre-échange, la vive compétition mondiale ont contraint les acteurs économiques publics et privés à s’adapter aux nouveaux équilibres qui s’établissent entre concurrence et coopération. Désormais, la conduite efficace de la politique étrangère du pays repose largement sur la capacité de ses institutions diplomatiques et de ses ministères techniques à maîtriser le suivi des relations économiques multilatérales et bilatérales, à définir la position du pays dans les grandes négociations internationales, à exploiter les opportunités de partenariats, à attirer les investisseurs étrangers, à cerner les pratiques  commerciale et financière des acteurs et concurrents, à établir des systèmes d’alliances d’intérêts, à accéder aux informations stratégiques pour mieux anticiper des marchés et gérer le règlement des différends.

L’Etat s’investit de plus en plus dans l’approche des marchés extérieurs pour ses entreprises. Il tente d’apporter son concours à la compétition économique avec des outils spécifiques.

Dans le cadre de sa politique africaine, le Maroc a adopté une nouvelle stratégie qui accorde une place de choix au volet économique. A cet effet, le royaume, dans la perspective d’un partenariat « gagnant-gagnant », ne cesse d’associer davantage les deux secteurs, privé et public, afin d’accroître les échanges commerciaux et les flux d’investissement du royaume dans les pays de l’Afrique subsaharienne.

Dans le même sens, les visites officielles est un aspect qui met en exergue la volonté politique d’accompagner les efforts économiques et permettent d’intensifier la projection économique des intérêts marocains dans le voisinage sud. Ainsi, dès l’intronisation de Sa Majesté le  Roi Mohammed VI, il a effectué de multiples visites en Afrique Subsaharienne. Ces visites sont généralement une occasion d’inauguration des projets de développement et signature d’accords bilatéraux. D’ailleurs, on compte des centaines d’accords, tous secteurs confondus, signés entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne durant la dernière décennie.

Il convient de préciser que l’implication des entreprises marocaines dans les politiques gouvernementales a toujours caractérisé les différentes commissions mixtes tenues entre le royaume chérifien et ses partenaires africains. En effet, le secteur privé manifeste un intérêt croissant pour les marchés africains. Ainsi que plusieurs entreprises marocaines privées concrétisent une véritable stratégie de développement dans les terres subsahariennes.

Alors que la mondialisation avance à grands pas, la diplomatie économique a pris une place considérable dans la stratégie d’attractivité de la majorité des pays du monde. Le Maroc n’est bien sûr pas en reste et s’attache depuis quelque temps à redynamiser sa diplomatie économique pour mieux se vendre.

Parallèlement à la nouvelle définition de la coopération Sud-Sud qu’il concrétise dans sa nouvelle politique africaine, le Maroc initie une nouvelle stratégie pour conquérir d’autres blocs économiques mondiaux tels que l’Union européenne et les États-Unis.

” … La capacité de coordination de la diplomatie traditionnelle, tant au niveau de l’administration centrale que des missions diplomatiques mérite d’être renforcée ” … afin qu’elle soit en mesure d’assurer le suivi et d’impliquer tous les acteurs non gouvernementaux dans l’action diplomatique, de consolider la diplomatie non gouvernementale associative, parlementaire, économique, culturelle , médiatique et d’être plus présente dans ce nouvel espace où notre absence a longtemps été mise à profit par les adversaires de notre intégrité territoriale … “

Extraits  du Message  Royal adressé aux  participants au colloque organisé  à  l’occasion de la célébration de la Journée  nationale de  la diplomatie marocaine  (28  avril 2000)

Elles sont en nombres six ou bien on va essayer de traiter six formes de la diplomatie qui concernent notre pays « Parlementaire, Economique, Culturelle, Spirituelle, Climatique et Citoyenne » :

La Constitution de 2011 a conféré de larges prérogatives à l’institution législative qui joue, désormais, un rôle important dans la vie politique, mais aussi en matière de diplomatie que ce soit avec les parlements des pays étrangers ou avec les organisations parlementaires dont le Maroc est membre.

Pour dynamiser davantage la diplomatie parlementaire, il faudrait :

La diplomatie économique marocaine a acquis une expérience, en matière de négociations commerciales et a contribué à l’amélioration du positionnement stratégique du Maroc en Afrique et à sa visibilité sur la scène internationale.

La forte impulsion donnée par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI à l’action diplomatique dans le domaine économique devrait favoriser la transition vers une diplomatie, au service du développement économique du Royaume et de la préservation de ses intérêts stratégiques prioritaires.

Dans ce cadre, il est nécessaire d’adopter une approche rénovée, privilégiant la coordination et la mutualisation des moyens des différents acteurs composant le système de promotion économique du Maroc à l’étranger.

Ce système devrait être adapté aux nouvelles réalités concurrentielles pour accompagner le développement de l’offre exportable du Maroc, favoriser l’émergence de grandes entreprises, à la recherche de relais de croissance à l’extérieur et stimuler l’attractivité de l’économie pour les investissements directs étrangers.

Le renforcement des capacités de l’offre exportable marocaine permettrait de maximiser les retombées des accords préférentiels ou de libre – échange sur l’économie nationale.

La diplomatie culturelle constitue, aujourd’hui, un des attributs de la puissance des Etats et un pilier central de projection de leurs capacités d’influence, à l’échelle internationale.

De par son histoire, en tant que terre de brassage des civilisations, sa diversité culturelle et ses choix de société, le Maroc dispose de plusieurs atouts pour faire de sa diplomatie culturelle un axe central de sa puissance attractive (soft  power).

Les actions menées par le Royaume consistent en :

Pour rehausser la place de la culture dans le dispositif diplomatique marocain et en faire un facteur d’attractivité et de compétitivité, au service du rayonnement international du Royaume, il est opportun :

La diplomatie spirituelle du Royaume tire sa substance des spécificités du modèle marocain de l’Islam.

Celui-ci est basé sur le rite sunnite malékite et la doctrine achaârite qui promeuvent les vertus de la modération, du juste – milieu et du respect des opinions et des croyances.

L’Institution de a Commanderie des Croyants, qui s’est forgée à travers douze siècles d’histoire, a établi des attaches spirituelles qui unissent séculairement non seulement les Marocains, mais aussi les populations africaines, en particulier celles relevant du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

Le rôle de la diplomatie spirituelle du Royaume s’est davantage renforcé dans un contexte international, marqué actuellement par la prolifération des courants extrémistes violents. Outre son rôle reconnu de plateforme de dialogue et d’échange cultuel entre le monde musulman et l’occident, le Maroc s’érige, aujourd’hui, comme référence internationale, en matière de lutte contre le radicalisme religieux.

Le Royaume a procédé, récemment, à la mise en place de l’Institut Mohammed VI de formation des Imams prédicateurs et des prédicatrices qui forme, aussi, des imams de Tunisie, du Mali, de Guinée , de Côte d’Ivoire et de France, mais aussi à la création de la Fondation Mohammed VI des Oulémas d’Afrique .

Pour rendre encore plus efficiente l’action de la diplomatie spirituelle, il faudrait formaliser une doctrine, permettant de contrer le discours radical des mouvements extrémistes, en particulier en direction des jeunes.

Cette doctrine pourrait constituer un cadre référentiel, utile à la communauté internationale dans sa lutte contre l’endoctrinement et le recrutement des terroristes.

Le Maroc est fortement concerné par le changement climatique. La vulnérabilité du pays à ce phénomène planétaire est perceptible à plusieurs niveaux : raréfaction des ressources hydriques, menaces sur la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire, fragilisation des écosystèmes, forte exposition du littoral aux risques climatiques, développement de la migration climatique …

Face à cette vulnérabilité, la diplomatie climatique a aussi un rôle à jouer pour accompagner l’effort d’adaptation du pays au changement climatique.

Elle devrait œuvrer en faveur d’un meilleur positionnement du Maroc dans le débat international sur le climat, tout en cherchant à faire bénéficier le Royaume des mécanismes de coopération, offerts au niveau bilatéral et multilatéral.

Le Maroc accueillera la COP 22 en novembre 2016. Afin d’assurer à cette conférence internationale le succès escompté, il devrait porter un  intérêt particulier à la maitrise du processus des négociations sur le changement climatique et à ses enjeux politiques et économiques. En tant que pays facilitateur des négociations, le Royaume du Maroc se placerait, ainsi, au cœur des enjeux d’une nouvelle gouvernance mondiale du climat.

Le Royaume devrait mettre l’accent, au niveau des négociations internationales, sur l’adaptation au changement climatique, le financement et les mécanismes de compensation des risques, causés par le dérèglement climatique et ce, en conformité avec les intérêts des groupes de pays auxquels il adhère, notamment le groupe Afrique.

Les acteurs de la société civile exercent, aujourd’hui, une influence croissante sur les relations internationales. La plupart des Etats associent ces acteurs dans leurs actions diplomatiques pour faire valoir leurs intérêts stratégiques.

Conscient de l’importance de ces acteurs, le Maroc devrait encourager leur implication dans l’effort de promotion de l’image du Royaume à l’international et dans la défense de ses intérêts nationaux, particulièrement, la question nationale de l’intégrité territoriale. Pour ce faire, il importe :

On peut ajouter une autre forme qui n’a pas citée la dessus est  qui a un degré d’importance très élevé à savoir :

La diplomatie sportive : le sport est un vecteur primordial d’attractivité pour le Maroc ces dernières années et une vitrine pour le rayonnement du Maroc au niveau mondial et pour l’Afrique en particulier.

Le sport est devenu de plus en plus une carte gagnante pour la diplomatie marocaine dans les pays africains. Par l’organisation des manifestations sportives « CHAN 2018,  les jeux africains, organisation de l’Assemble générale de la CAF », toutes ces éléments permettent au Maroc de renforcer ces liens et relations historiques avec les pays africains.

A titre d’exemple, année 2017 a été  riche pour le Maroc d’un point de vue sportif. La sélection des Lions de l’Atlas a confirmé sa qualification  pour la coupe du Monde à la Russie, mettant fin à 20 ans d’absence.

D’autre part, un retour significatif  à la  CAN au Gabon en 2017 et un bon parcours en passant au quart de finale (éliminé par l’Égypte) qui a été la meilleur prestation  depuis sa finale perdue en 2004.

Pour terminer ce point, on ajoute le dernier geste entre le Maroc et le Cameron concernant l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations, que le Cameron n’a pas pu organiser dû  à des problèmes au niveau d’organisation, le Maroc a annoncé pas mal de fois son soutien au dossier caméronien alors que le Maroc possède toutes les qualités et la force de prendre l’organisation de la Coupe. Cela montre que le Maroc cherche à renforcer ces relations avec les pays africain en cherchant un cadre de partenariat avancé avec les pays africains.

La diplomatie économique constitue l’un des leviers les plus puissants de la performance des entreprises et de la compétitivité de l’Etat et présente donc un grand intérêt pour la compréhension de la dynamique du développement international, tant pour les Etats que pour les entreprises. Son analyse dans le cadre d’un pays donné apparait déterminante pour juger de son importance au niveau institutionnel.

Dans cette perspective, le Maroc a entamé un large processus de libéralisation de son économie depuis l’adoption du PAS en vue de réaliser à la fois sa croissance et la mise à niveau de son économie, dans l’objectif de rétablir les équilibres aussi bien économiques que financiers, intérieurs qu’extérieurs.

Pour ce faire, le Maroc s’est doté, ces dernières années, d’une politique économique particulière sur un certain nombre d’axes : le premier est de conforter le cadre macro-économique et le second est d’insérer l’économie marocaine dans son environnement mondial et régional. Il s’agit du renforcement du cadre macro-économique et de la définition des plans d’actions nationaux. De grands chantiers de développement et des stratégies sectorielles qui cherchent à donner une visibilité claire aux opérateurs marocains et étrangers ont été lancés (Projet de Tanger Med, Vision 2010 pour le tourisme, Plan Azur, Emergence, Plan Maroc Vert, Plan Halieutis, Vision 2015 pour l’artisanat, Maroc Numéric pour les TIC, Maroc Export Plus et la stratégie énergétique du Maroc…).

Ainsi, le Maroc mise de plus en plus sur sa diplomatie économique pour réussir le pari de l’insertion de son économie dans l’économie internationale. Occupant une place désormais stratégique et membre de plusieurs organisations internationales, le pays multiplie la conclusion des accords de libre-échange et adopte une stratégie active, visant à diversifier ses partenaires, promouvoir l’attrait des investissements extérieurs et défendre ses intérêts économiques.

En effet, la stratégie de la diplomatie économique marocaine est considérée comme étant un équilibre d’intérêts et de pressions. L’objectif de soutenir le développement économique du pays doit trouver un équilibre entre les différents aspects qui y sont associés: attirer des investissements étrangers, soutenir les activités d’investissements marocains à travers le monde, promouvoir les exportations marocaines, maintenir une relation stable avec les grandes puissances en adoptant une diplomatie des contrats, contribuer à la stabilité régionale et assumer les responsabilités qui découlent du poids croissant du Maroc sur la scène régionale.

Cependant, le Maroc s’attarde à tirer bénéfice des différentes stratégies développées. L’économie marocaine est de plus en plus touchée par une crise de liquidité sans précédent. Le solde extérieur se dégrade et la balance commerciale du pays est systématiquement déficitaire avec l’ensemble de ses partenaires. Les sources de rentrées de devises dans le pays comme les exportations, les IDE, les recettes du tourisme ou les transferts MRE s’étant dégradées, ne comblent plus les dépenses.

S’ajoute à cette situation critique, la flambée des prix des matières premières importées par le Maroc et des accords de libre-échange déséquilibrés qui profitent plus à ses partenaires commerciaux qu’au tissu productif du pays.

Dans ce sens, une diplomatie économique au service du développement de la nation et capable de relever les défis de la mondialisation à travers une stratégie axée sur la promotion des investissements et des exportations permet de tirer avantages des délocalisations, de l’économie du savoir, du commerce et des finances.

L’ensemble de ces éléments ont poussé le Maroc à miser sur sa diplomatie économique pour booster sa croissance économique et équilibrer sa balance commerciale. D’ailleurs, la renégociation des accords de libre-échange, la défense des produits nationaux et des entreprises nationaux face au protectionnisme, la promotion les exportations et l’attraction des investissements étrangers, la signature des contrats internationaux pour les entreprises marocaines, la recherche d’opportunités pour les industries nationales ainsi que la mise à la disposition des opérateurs économiques des informations stratégiques pour les rendre plus compétitives sont les enjeux de la nouvelle diplomatie économique marocaine[17].

         Pour le Maroc, la sortie de l’Organisation de l’union africaine a été une erreur stratégique qui a privé pour notre pays d’une occasion pour défendre ses intérêts et l’a empêché  d’influencer  sur les grandes décisions prises par l’Organisation. Par la suite le Maroc a adopté une nouvelle stratégie du renforcement de sa diplomatie bilatérale et régionale. La stratégie sur laquelle se fonde sa politique africaine se concrétise par une multitude de politiques bilatérales et un rapprochement réfléchi avec les différentes régions du continent.

Le Maroc privilégie la prise d’initiatives politiques vis-à-vis des pays d’Afrique couplée à mesures économiques, se traduisant par une aide financière accrue et par des investissements nationaux directs et de préférences commerciales et économiques accordées aux pays africains.

Les  300 accords ont été signés entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne durant la dernière décennie montrent l’importance du continent africain dans la stratégie globale du développement économique du Maroc. Une offensive qui vise à mettre à la disposition des entrepreneurs marocains un cadre juridique et réglementaire leur permettant une percée vers l’Afrique à travers le renforcement des parts de marché acquises et la diversification des débouchés extérieurs.

La tâche principale est de défendre les intérêts économiques du royaume dans les pays d’accréditation. Ces conseillers économiques sont un acteur central de la stratégie nationale bilatérale. Ils sont les relais du secteur privé et jouent un rôle cardinal en matière d’accompagnement des entreprises marocaines. Néanmoins, le rôle joué par ces conseillers et la valeur ajoutée qu’ils apportent à la diplomatie économique marocaine sont loin d’être reconnus, vu la confidentialité de leurs missions et l’insuffisance de moyens mis à leur disposition.

De la même manière, les visites officielles mettent en exergue la volonté politique d’intensifier la projection économique des intérêts marocains dans le voisinage Sud. Ainsi, entre 2001 – date de l’intronisation du roi Mohammed VI – et 2009 ce dernier a effectué 21 visites officielles dans 13 pays subsahariens. Ces dernières étaient généralement l’occasion d’inaugurer des projets de développement et de signer des accords bilatéraux. C’est dans ce contexte qu’on assiste à l’émergence d’une nouvelle diplomatie des contrats: diplomatie qui a pour objectif d’instrumentaliser l’appui politique et économique pour la signature de grands contrats au profit des grands investisseurs nationaux. D’ailleurs, des dizaines d’entreprises marocaines, considérées comme étant des « champions nationaux », ont pu trouver une place parmi les grands investisseurs africains dans le continent.

Depuis quelques années Le Maroc a déploie une véritable offensive économique et commerciale, progressivement renforcée par sa diplomatie économique envers les pays de l’Afrique Subsaharienne. Cela constitue une opportunité pour une économie marocaine très dépendante de  l’Union européenne et ayant une difficulté d’intégration dans l’économie mondialisée. Cependant, la  question du Sahara et l’offre exportable sont deux limites d’une diplomatie engagée dans  l’accompagnement du développement économique du pays.

La notion de diplomatie économique est relative et difficile à cerner, dans la mesure où elle diffère selon les pays et selon les acteurs impliqués et se définit «non par ses instruments, mais par les problèmes économiques qui lui donnent son contenu ». Dans notre article, la diplomatie économique englobe non seulement les relations interétatiques, mais aussi les relations qui se tissent entre les États et les autres acteurs de l’économie mondialisée. Il s’agit de « l’ensemble des mécanismes et pratiques adoptés par des individus ou groupes, étatique ou non-étatique, dans le but de réaliser les objectifs économiques d’un État par le recours à des moyens politiques, ou de réaliser les objectifs politiques par le recours à des moyens économiques». Une telle définition prend en considération l’évolution de l’environnement international et l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

Il faut bien ajouter que la diplomatie marocaine est fondée sur une vision globale du développement durable du continent, c’est une  démarche diplomatique qui est  couronnée par le retour du Maroc à l’Union africaine, est également basée sur la coopération sud-sud comme mécanisme de la complémentarité économique et du développement commun en Afrique et que la politique générale du gouvernement est consacrée à la diplomatie économique du Maroc dans le continent africain.

Le Maroc a ainsi approfondi ses coopérations bilatérales, tout en veillant à conclure de nouveaux partenariats, à la faveur des multiples visite royales en Afrique, marquées par la signature de centaines d’accords qui constituent, aujourd’hui, une plateforme solide de la coopération dans des domaines aussi divers que l’agriculture, la pêche maritime, la santé, les infrastructures et la formation professionnelle et universitaire.

La politique du Maroc envers l’Afrique vise à consolider le partenariat économique sud-sud et à le traduire sur le terrain, moyennant une coopération gagnant-gagnant affranchie de toute logique purement commerciale.

Le Maroc a développé une diplomatie économique qui veille en permanence à sceller des partenariats avec les pays de l’Afrique subsaharienne dans le but d’asseoir les bases d’un développement durable dans le continent, a-t-il ajouté, relevant que la priorité a été accordée à l’encouragement du secteur privé marocain et des sociétés publiques à se lancer dans des projets d’investissements à impact direct sur le développement social local, tels les infrastructures, le transport, les télécoms et le secteur bancaire.

Source : Revue : Telquel/ Économie :Le 11 mai 2017

Depuis qu’il est monté sur le trône le Roi Mohamed 6 a effectué des visites fréquentes dans plusieurs pays africains, cela montre l’importance accordée par le Royaume en matière de la politique étrangère  par renforcement des relations multidimensionnelles avec tous les pays du continent africains.

Une diplomatie économique très forte, le Maroc empreinte de pragmatisme et du sens de solidarité agissante avec les pays de l’Afrique de l’Ouest, central, de l’Est et australe. Il devient donc un acteur majeur dans un monde en plein du changement et d’amélioration, caractérisé par le déplacement du centre de gravité de la croissance mondiale vers l’Asie.

Dans cet endroit, et sa forte diplomatie économique qui fait intervenir un ensemble d’acteurs et de secteurs ô combien stratégiques pour le développement de l’Afrique, le Maroc lance un nouveau modèle de coopération, en plus de celui défendu par les anciennes et nouvelles puissances. Il s’agit d’une coopération Sud-Sud émanant de l’Afrique et orientée vers la réalisation des objectifs visant le développement de celle-ci.

Les secteurs clés de cette coopération sont : l’agriculture, le marché financier, l’assurance, la logistique, l’aménagement, l’agro-alimentaire, la santé à travers l’industrie du médicament, les corridors de transport, sont des avantages comparatifs que le Maroc fait valoir dans sa dynamique de renforcement des relations avec les autres pays du continent.

 Les tournées royales ont été trop  soldées par le lancement d’une série de grands projets. Les plus spectaculaires et les plus récents sont le gazoduc atlantique Nigéria-Maroc et le complexe de production d’engrais en Ethiopie. A cela il faut ajouter une coopération concrète qui touche plusieurs domaines: formation, santé, artisanat…

Balance commerciale pour l’année 2016 :

En matière d’investissements, Le Maroc se positionne en tant que premier investisseur en Afrique de l’Ouest avec plus de 24 milliards de DH, et le 2eme  investisseur au niveau du continent. Il faut noter que le Maroc ne cesse pas de renforcer ses échanges avec le reste du continent. La balance commerciale est en faveur du Maroc, avec un excédent de 11,9 milliards de DH en 2016, selon les statistiques de l’Office des changes.

Cette augmentation et évolution a été justifié par la  diversification des exportations et des partenaires. On peut noter que l’Afrique de l’Ouest reste le premier partenaire commercial du Maroc sur le continent, avec 58,2% des échanges en 2016. Les exportations marocaines ont triplé entre 2008 et 2016, passant de 3,2 à 10,2 milliards de DH, selon les statistiques de l’Office des changes.

Ces échanges ne se limitent plus aux  produits alimentaires, mais s’étendent également à l’industrie chimique, les minéraux non métalliques… 

Actuellement, le mouvement d’intégration de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest devra maintenir une plus grande dynamique commerciale avec cette partie du continent.

Les relations du Maroc avec pays de l’Afrique de l’Est s’inscrivent également dans un nouveau modèle de coopération agissant sur une approche gagnant-gagnant. Les dernières visites royales ont confirmé l’intérêt grandissant pour cette sous-région. Depuis une dizaine d’années, les échanges avec cette zone enregistrent une croissance annuelle moyenne de 23,5%. Les exportations marocaines vers l’Afrique de l’Est ont atteint 2,6 milliards de DH en 2016. Les premiers clients du Maroc dans cette zone sont l’Ethiopie et le Djibouti avec respectivement 28,7% et 27,8% des échanges. Toutefois, la dynamique commerciale avec l’Afrique centrale semble s’essouffler.

Après un record de volume des échanges commerciaux de plus de 3 milliards de DH en 2014, ces derniers ont connu une détérioration pour s’établir à 2 milliards en 2016. Deux pays accaparent l’essentiel des exportations marocaines vers cette zone, à savoir le Cameroun (33,8%) et le Gabon (25,2%).


Les principaux clients du Maroc restent les pays de l’Afrique de l’Ouest alors que ses principaux fournisseurs sont plutôt les Etats de l’Afrique australe. La balance commerciale avec cette zone est déficitaire de 1,1 milliard de DH en 2016.

L’essentiel des importations marocaines sont en provenance de l’Afrique du Sud. Il s’agit surtout de produits d’extraction.

En analysant les efforts déployés par le Maroc au niveau de la promotion des intérêts économiques et commerciaux, la diplomatie marocaine vise à devenir le meilleur allié des « champions nationaux » dans leur quête des marchés africains.

A ce niveau-là, la vision marocaine consiste à faire des entreprises marocaines des véritables ambassadeurs en Afrique. C’est une puissante mécanique d’influence à l’échelle internationale qui peut permettre au Maroc de consolider son autorité à l’extérieur des frontières. Sûrement, le secteur privé marocain participe positivement aux délégations officielles et aux commissions mixtes, mais son rôle se limite à la participation passive aux actions de l’État. Tous ces éléments  nous permettent de dire qu’il est difficile de parler d’une diplomatie privée indépendante de la diplomatie officielle.

Accroissement de la présence des entreprises marocaines au sud du Sahara procède d’une volonté politique puis que, contrairement à ce qu’affirme le discours officiel, les entreprises sont encore réticentes à investir ou à être présentes au Sud du Sahara.

A cause de l’échec de l’expérience de la Royal Air Maroc (RAM) et son retrait d’Air Sénégal international (ASI), ça serait évidemment les entreprises marocaines  sont obligées à mieux  réfléchir  avant aller investir en Afrique. Il s’agit ici d’un secteur privé qui se limite à jouer le rôle de bénéficiaire des actions de la diplomatie étatique.

Le secteur  privée  exerce de plus en plus une influence dans les processus décisionnels et devient un acteur central de la diplomatie économique marocaine en Afrique avec un pourcentage très important de la présence des entreprises marocaines (secteur privée) au continent africain.

Alors que la diplomatie doit servir le secteur privé et lui facilite la tâche de conquête de marchés étrangers. En contrepartie, les hommes d’affaires consolideront l’influence mondiale du Maroc. On parle ici  d’une diplomatie privée qui doit être au service de la diplomatie classique du pays et des intérêts économiques et géopolitiques du Maroc dans le continent africain.

Pour conclure, on peut dire que la diplomatie économique marocaine en Afrique est loin d’être reconnu à cause des indicateurs économiques qui ont montré que les efforts fournis par le Maroc en matière d’insertion internationale et régionale ne sont pas au niveau des attentes. Ce qui montre le manque de l’efficacité des actions entamées par le Maroc pour la recherche de nouveaux  marchés de la région subsaharienne.

Donc le Maroc est devant une opportunité historique pour renforcer ces liens avec les pays africains et gagner de nouveaux marchés car cela va influencer positivement sur les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays africains en particulier, et sur l’économie Marocaine d’une manière générale.

Si on suppose d’une part  que,  les produits marocains de faible valeur ajoutée se vendent bien sur le marché africain et n’ont pas besoin d’une réelle politique de promotion. D’autre part les produits à moyenne et à haute valeur ajoutée sont généralement des exportations intra-firmes s’intégrant dans le cadre de la décomposition internationale de la chaîne de production et donc répondent plutôt à une stratégie de firmes.

C’est pour cela, le Maroc doit chercher à développer des produits spécifiques aux marchés africains moins chers que les produits occidentaux et de qualité meilleure par rapport aux produits des autres pays à titre d’exemple les produits chinois. On comprend donc, que la diplomatie économique doit faire partie d’une stratégie globale de développement de l’offre exportable marocaine.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublie la question du Sahara qui reste la priorité de la diplomatie marocaine en Afrique et le Maroc doit chercher et le plutôt possible de solutions politiques durables. Le plus important ici est de connaitre comment réunira  les objectifs économiques et politiques tout en consolidant une influence régionale et en développant la profondeur stratégique du royaume.

Une autre piste de la diplomatie marocaine est d’inciter les pays occidentaux à  venir investir et produire au Maroc pour exporter vers les pays africains. Cette stratégie va accorder au Maroc de maximiser ses  profits de la multitude d’accords signés et de servir de plate-forme régionale de production et d’exportation.

La prospérité de la diplomatie économique marocaine en Afrique passe par une nouvelle stratégie bien déterminée et bien précise qui contient une bonne maîtrise de l’information stratégique, une diplomatie des contrats et une meilleure communication des succès stories des entreprises marocaines dans la région.  Trouver les bonnes sources d’informations, identifier les bons décideurs et les influencer dans un sens positif et favorable aux intérêts économiques du pays, restent toujours l’enjeu majeur de la diplomatie économique. Il est indispensable et nécessaire de penser à intégrer la diplomatie économique dans le cadre d’un dispositif national d’intelligence économique afin de mieux servir les intérêts stratégiques du pays en générale et  de l’entreprise marocaine en particulier.


[1] Laurence Badel, Introduction, “Diplomaties en renouvellement”, Les Cahiers Irice, n°3, 2009, note 39.

[2] CHAVAGNEUX. C., « La diplomatie économique : plus seulement une affaire d’États », Pouvoirs, 88, janvier 1999, p. 34

[3] Samouhi Fawk Al Ada, Glossaire de la diplomatie et des affaires étrangères, Anglais-arabe-français, publications du Liban, Beyrouth, 1979, p. 127.

[4] Marie Christine Kessler, La politique étrangère de la France. Acteurs et processus, Presses de Sciences Po, 1999, chap. 7

[5] Guy Carron de la Carrière, La diplomatie économique. Le diplomate et le marché. Economica, 1998.

[6] Bayne, N and Woolcock, S. The new economic diplomacy: decision-making and negotiation in international economic relations. Ashgate Publishing, 2011.

[7] Kostecki M et Naray O. Commercial diplomacy and international business. Netherlands Institute of International Relations’ Clingendael’, 2007.

[8] Lee, D., & Hudson, D. The old and new significance of political economy in diplomacy. Review of International Studies, 30(3), 343-360. 2004.

[9] http://www.infoguerre.fr/interviews/la-diplomatie-commerciale-quelques-elements-de-reflexion

[10] Pomes, E. Conquérir les marchés: le rôle des états. L’harmattan, 2004.

[11] L’école réaliste classique puise sa tradition chez Thucydide, Machiavel et Hobbes.

[12] Lucas, D, Le temps de l’hypercompétition, Géoéconomie 3/2009 (n° 50), p. 139-149.

[13] Putnam, R, Diplomacy and Domestic Politics : The Logic of Two-Level Games, International Organization, n° 42, été 1988, p. 427-460.

[14] Smouts, MC. Que reste-t-il de la politique étrangère?. Pouvoirs, 1999, p. 5-16.

[15] Carron de la Carrière, G. La diplomatie économique. Le diplomate et le marché. Economica, 1998.

[16] Van Veenstra, M, Yakop, M, Et Bergeijk, P. Economic Diplomacy, the Level of Development and Trade. Netherlands Institute of International Relations’ Clingendael’, 2010.

[17] Parmi les recommandations de la 6ème Table Ronde qui s’est déroulée les 22 et 23 décembre 2009 au siège du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, sous le thème «Promotion et Diplomatie Economique en vue d’une sortie de crise».

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